Skip to content

french parashat mattot

*****ELIMINER LA COLERE

*****NOS PAROLES NOUS CARACTERISENT

*****«LES TROIS SEMAINES”
 CONNEXION avec notre passé

 

ELIMINER LA COLERE

Remémorez-vous un moment où vous avez vu quelqu’un se mettre en colère. Avez-vous remarqué la métamorphose qui survient chez une personne qui se met en colère ? Le visage devient rouge ou pâle, les épaules se raidissent, et les narines s’arrondissent. Le ton de la voix change et s’intensifie de manière considérable.  Les mouvements des mains sont nombreux et laissent deviner l’accélération des battements du cœur. Vous vous demandez si la personne en face de vous est simplement « dans une colère furieuse », ou alors réellement dérangée. La personne qui se met en colère peut en arriver à jeter des objets, à nuire physiquement aux gens qui l’entourent et en premier lieu à elle-même. C’est pourquoi le Talmud commente au sujet de la personne qui se met en colère : « Toutes les sortes d’enfer se trouvent à l’intérieur de lui (Nédarim 22 a).  Imaginer une telle chose suffit pour s’éloigner de la colère.

Colère Rationalisation et Rage

Lorsque les choses se calment, la personne coléreuse peut se dire que s’énerver arrive parfois aux « meilleurs d’entre nous. » Mais c’est une rationalisation dangereuse, et peu judicieuse de construire une maison sur un volcan potentiel. Seules quelques secondes suffisent au moment d’une friction pour se mettre en colère et tout détruire sur son passage.

Agréablement irrité ?

Bien sûr, les accès de colère ne sont pas toujours aussi dramatiques que ce qui est décrit plus haut. En effet, il existe plusieurs niveaux de colère. La colère est un état émotionnel qui varie en intensité. Cela peut aller de la gêne légère à la rage et même se transformer en véritable fureur. Mais ces différents états ont pourtant un point commun. Il est évident que peu d’entre nous peuvent prétendre être totalement affranchis de ce mauvais trait de caractère, quel que soit le niveau à travers lequel il se manifeste. C’est pourquoi, nous devons investir du temps et de la réflexion dans ce domaine afin de nous améliorer.

Exercices de solution rapide

Beaucoup d’écrits peuvent nous aider à gérer la colère une fois qu’elle fait surface. Certains pensent que la colère est une émotion inévitable qui doit être contrôlée. D’autres adoptent plutôt pour des solutions rapides, offrant aux lecteurs «Dix façons de contrôler la colère.” Il s’agit notamment d’exercices de respiration ( compter jusqu’à dix…), sortir prendre l’air et marcher un peu afin de marquer un arrêt et ne pas laisser la colère exploser, se détendre, exprimer ses émotions et sa colère de manière constructive avec les mots appropriés, «  je suis en colère quand… parce que…» parler lentement et calmement, s’asseoir et boire un verre d’eau, écouter de la musique, rire, etc. Ces différentes approchent ne sont cependant que des moyens de gérer la colère une fois qu’elle est déjà présente, mais est-il possible de surmonter sa nature et d’éradiquer totalement la colère ? La colère est-elle une réaction émotionnelle inévitable ?

Consolation thérapeutique ou exacerbation

Lorsque les thérapeutes traitent des patients qui souffrent d’accès de colère, nombreux d’entre eux font l’erreur de penser que la colère n’est pas une mauvaise chose, et qu’elle peut être utilisée de façon positive si elle est canalisée. D’après eux, en acceptant ou en exprimant la colère, l’individu sera en mesure de la contenir. Mais cette approche ne permet pas, de gérer certains écueils comme les dommages causés par les expressions de mécontentement ou de sarcasme et les insultes qui découlent de la colère. En effet, ces manifestations sont extrêmement nocives dans les relations,  et nous devons impérativement trouver un moyen de freiner ces réactions afin qu’elles ne détériorent pas l’amour de nos proches. C’est pourquoi il est primordial, d’accepter notre sort, car là est le secret d’une vie saine. Les gens sujets à la colère prennent même des risques pour leur santé physique : la violence peut entraîner des blessures (par exemple, se heurter et prendre des mauvais coups…), des problèmes cardiaques, du stress et même des états dépressifs. Pire encore, comme le disent nos Sages : «  une personne qui brise des objets quand elle se met en colère est comparée à une idolâtre».  (Chabbat 105 et Nédarim 21a).

Le prix à payer de la colère

Personne – pas même le plus grand ou le plus humble de tous les hommes – ne peut échapper aux conséquences négatives de la colère. Nous voyons dans la Parasha de cette semaine que Moshé Rabbénou s’est mit en colère: ויקצוף משה על פקודי החיל – Moshé s’est mis en colère contre les généraux de l’armée (Bamidbar 31:14). En effet, le Midrash remarque que Moshé s’est mis en colère contre la nation à trois reprises, et que chaque fois, il a oublié une loi de la Torah (Vayikra Rabba 13:1). Notons toutefois que dans le comportement de Moshé, il n’y avait absolument aucune colère ou égoïsme. Il a agi uniquement dans le but désintéressé de rectifier un acte répréhensible ou a réagi à une profanation du Nom de D.ieu.Pourquoi alors est-il malgré tout puni d’oubli? Comme nous l’apprend le proverbe, une personne n’est pas seulement punie pour sa colère, mais aussi par sa colère. Personne ne peut y échapper, pas même Moshé Rabbénou, le plus humble de tous les hommes.

Si même Moshé Rabbénou a succombé à la colère à trois reprises, nous serions naïfs de penser que nous pouvons éliminer complètement cette tendance négative. Mais en faisant de réels efforts, nous pouvons réduire au minimum ce mauvais trait de caractère et l’utiliser uniquement dans les domaines où il n’y pas d’autre possibilité. Imaginez qu’on vous délivrerait une médaille pour vous être mis en colère uniquement trois fois dans votre vie ! Quel exploit extraordinaire !

Une approche positive

La meilleure façon d’éliminer la colère est d’envisager la vie selon une approche positive, de lutter contre le stress et d’avoir une vie riche et engagée. Avant de se concentrer sur ce que cela signifie dans la pratique, analysons certaines causes de la colère.

* Attendre des autres, de D-ieu, ou de nous-mêmes, et ne pas être satisfait
* Subir une pression pour faire quelque chose, que nous trouvons très difficile
* Être insulté ou subir un manque de respect ou de considération
* Être laissé pour compte, ignoré
* Qu’on nous désobéisse
* Être jaloux
* Voir nos efforts échouer

Colère : épreuve d’entrainement

Comment pouvons-nous rester calmes dans de telles circonstances? Comment pouvons-nous  nous élever au-dessus de notre nature et éviter la colère? Plus nous intérioriserons les concepts évoqués ci-dessous, plus ce sera facile. Mais là encore, le défi n’est pas une tâche facile. C’est le travail de toute une vie. Cela implique de notre part une attention constante, cela nous demande d’examiner nos actions afin de nous assurer qu’elles sont droites et vont dans le sens de nos convictions.

* Sachez qu’il est de notre responsabilité de surmonter cette émotion avant que ce soit elle qui prenne le dessus sur nous. Nous devons comprendre que personne d’autre n’est responsable de notre vie à part nous-mêmes.
* Acceptez les autres, acceptez la volonté de D-ieu, et acceptez – vous.
* Soyez méthodique et patient. Il faut être bien conscient que chaque projet de vie est un investissement en temps, en efforts et en argent, et nous devons faire au mieux à partir des ressources mises à notre disposition.
* Evitez d’être trop perfectionniste, et acceptez que même si quelque chose n’est pas parfait, on peut toujours en tirer quelque chose d’intéressant malgré tout.
* Travaillez votre humilité. Nous sommes importants en tant qu’individus, mais il ne faut pas chercher à être plus importants que les autres.
* Faites ce qui est bon et ce qui doit être fait parce que c’est ce qu’il faut faire, sans rien attendre en retour.
* Habituez-vous à penser que l’autre ne cherche pas forcément à vous faire du mal,  jugez les gens favorablement.
* Sachez ignorer les gens quand ils méritent d’être ignorés.
* Apprenez à exprimer vos sentiments au bon moment et de la bonne manière.
* Sachez pardonner et éliminer la rancœur, car la colère est souvent la résultante d’une accumulation de sentiments négatifs. Il vaut mieux parler tout de suite plutôt que de garder à l’intérieur de soi des griefs et des reproches non dits, car ils risqueraient de se manifester en véritable explosion et de manière totalement inattendue.
* Soyez conscient que D.ieu vous aime et prend soin de vous et de chacun d’entre nous. Il sait ce qui est le mieux pour nous, et nous devons comprendre que personne ne peut nous enlever ce qu’Il a prévu de nous donner.
* Réalisez la valeur infinie de tout un chacun et sachez apprendre de vos erreurs et de celles des autres.

Accepter l’autre tel qu’il est

Ces concepts peuvent être plus facilement mis en pratique lorsque la personne travaille son humilité et ne recherche pas démesurément les honneurs. Personne ne s’énerverait en voyant un chien qui ne ronronnerait pas ou un chat qui n’aboierait pas ! Et pourtant, nous nous irritons sur les autres quand ils fonctionnent différemment de nous, et nous essayons de les faire changer.

Cependant, nous devons bien comprendre que la seule personne que nous pouvons essayer de “réparer” c’est nous-mêmes. Ironiquement, lorsque nous remarquons un point qui aurait besoin d’être amélioré chez les autres, c’est souvent précisément ce qui doit être amélioré chez nous. Malheureusement, nous sommes souvent trop paresseux pour le faire et nous attendons que l’autre commence à changer. Souvent, dans nos relations, nous nous mettons en colère, et exprimons des sentiments de déception pour l’unique raison que l’autre est ce qu’il est, et qu’il est inévitablement différent de nous. Dans notre génération iPod, nous cherchons à «réparer» aussi vite que nous changeons une chanson qui nous déplaît. Est-il un comportement plus égocentrique que celui-là ? Comme le dit l’adage, “La colère est une façon de dominer ce qui est hors de notre contrôle». Au contraire, nous devons nous concentrer sur nous-mêmes, maîtriser notre colère avant que ce soit elle qui nous maîtrise.

Pour conclure, nous devons lutter contre la colère, en n’hésitant pas à changer notre vision des choses si cette dernière est erronée, et même notre façon de vivre. Le seul moyen de vivre une vie riche et pleine de sens est d’investir dans notre travail sur nous-mêmes.

 

NOS PAROLES NOUS CARACTERISENT

Moshé Rabbénou s’est mis en colère, ce qui était extrêmement rare chez cet être d’exception, en voyant les tribus – Gad, Réouven et la moitié de Ménashé s’établir sur la rive est du Jourdain. Il les a questionnés avec étonnement : « Vous pensez vous installer ici alors que vos frères iront à la guerre ? » Les porte-parole des tribus lui ont répondu qu’ils ne songeaient pas le moins du monde esquiver leurs responsabilités militaires vis-à-vis de leurs frères, et se joindraient à l’effort de guerre pour la conquête de Canaan.  Ils ont précisé, cependant, qu’ils voulaient d’abord prendre des dispositions pour leurs familles et leurs biens. « Nous voulons d’abord construire des enclos pour nos troupeaux de ce côté de la rivière, ainsi que des villes pour nos enfants (et nos familles) » Quand Moshé accède finalement à leur demande, il le fait en effectuant toutefois un changement dans l’ordre qui devait être établi au préalable. Il s’agissait de

« …. construire des villes pour leurs enfants et ensuite, des enceintes pour leurs troupeaux » Ceci vient nous enseigner un principe d’une grande importance.
Une personne évoque toujours en premier ce qui a le plus d’importance pour elle. Lorsque les porte-parole des tribus se sont exprimés, ils ont d’abord mentionné leurs troupeaux, leur source de subsistance et ensuite seulement, ils de sont inquiété de la sécurité de leurs enfants. Moshé les réprimande indirectement pour cela.

Ce phénomène est également présent aujourd’hui. Les gens investissent parfois dans leurs affaires tout leur temps, leurs pensées et leur argent.  Mais pour certaines raisons, leurs enfants –qui sont pourtant leur meilleur investissement pour l’avenir – sont souvent relégués à la deuxième place. Les enfants ont besoin que leurs parents leur consacrent du temps, de l’intérêt et ils doivent être convaincus qu’ils représentent la priorité de leurs parents. Bien sûr, ils ont également besoin d’argent. Mais cet argent ne pourra jamais être un substitut au besoin primordial de l’enfant. Comment des parents peuvent-ils croire qu’en comblant leurs enfants matériellement, ils sont dispensés de lui consacrer du temps et de l’énergie ?

Un parent qui penserait que son enfant n’est pas conscient de ces priorités, est pour le moins naïf.  L’enfant est même capable, dans son subconscient de déceler de façon très subtile les priorités de ses parents et la place qu’ils accordent à chaque chose. Bien évidemment, ce principe prend toute sa force au sein du couple.

Moshé a inversé l’ordre de la requête des deux tribus et demi, afin de leur enseigner l’importance de savoir donner la priorité à l’essentiel. C’est une grande leçon pour nous aussi. En sachant choisir nos priorités, nous serons de meilleurs conjoints, de meilleurs parents et de meilleurs individus en général.

 

«LES TROIS SEMAINES”
 CONNEXION avec notre passé

Durant 21 jours, nous sommes censés porter le deuil de la destruction de notre Temple de Jérusalem. Les trois semaines – du dix-sept tamouz jusqu’à tishah béav – sont une période de deuil national durant laquelle les juifs sont tenus de limiter les plaisirs. En effet, il est interdit d’écouter de la musique, de se couper les cheveux, et de se marier. Les coutumes de deuil s’intensifient jusqu’à ce qu’elles atteignent leur paroxysme le jour de tishah béav. Cependant, il ne faut pas se contenter de vivre cette période de deuil de manière superficielle. Conformément à la loi juive (משנה ברורה, תקנא סק ‘ק”ג בשם האר”י), nous sommes tenus, chaque jour pendant ces trois semaines (plus précisément à minuit ou midi), de consacrer un temps spécifique pour se lamenter et pleurer sur la destruction du  Temple. Nous sommes censés nous concentrer sur l’ampleur de notre perte et exprimer ces sentiments dans toute leur force. La parabole suivante, que certains d’entre vous connaissent peut-être déjà, peut nous aider à mieux réaliser l’importance pour tout un chacun de s’identifier réellement à la perte tragique de notre Saint Temple.

Il y avait un couple qui s’aimait profondément, mais, malheureusement, ils n’avaient pas d’enfant. Ils se réconfortaient mutuellement en se disant que le jour viendrait où ils seraient les heureux parents de nombreux enfants. Ils priaient ensemble, se rendaient auprès de grands rabbanim pour recevoir des bénédictions, et effectuaient ensemble les traitements nécessaires. Alors qu’elle marchait pour se rendre à son travail, la femme passa par un jardin d’enfants et observa les enfants qui jouaient ainsi que les mamans tenant leurs poussettes. Cette pauvre mère regarda le Ciel, et implora D.ieu de la bénir, elle aussi, de la naissance d’un enfant.

L’attente se faisait de plus en plus difficile, année après année. Vingt ans s’étaient déjà écoulés. La femme pleurait amèrement auprès de son mari, et commençait à désespérer. Mais son mari, lui, gardait espoir, et continuait à lui prodiguer des encouragements. Une nuit, il aperçut son visage inondé de larmes et lui suggéra de tenter à nouveau une série de traitements. Le miracle se produisit : la femme tomba enceinte, et les deux époux, au comble de la joie tournèrent une nouvelle page. Ils restaient souvent jusqu’à des heures tardives à discuter du prénom qu’ils choisiraient si c’était une fille, ou un garçon…  Ils parlaient du quartier où ils aimeraient vivre, et de l’éducation qu’ils voulaient donner à leur enfant. Ils partagèrent des moments inoubliables pendant ces neuf mois, qui étaient de loin les neuf mois les plus extraordinaires de leur vie conjugale.

Alors que la femme se trouvait en salle d’accouchement, elle commença à ressentir des douleurs atroces qui étaient différentes et bien plus terribles que les douleurs normales de l’enfantement. Un médecin arriva précipitamment, lui fit une échographie et soudain, tout s’éclaircit : le bébé n’était pas dans la bonne position, et le cordon ombilical était enroulé étroitement autour de son cou. Les complications s’aggravaient à chaque minute qui passait, et la vie de la mère ainsi que celle du bébé étaient en danger. Le docteur préféra mettre le père devant la réalité tragique et incontournable : ou la mère ou le bébé ! Il n’y avait pas assez de temps pour demander à un rav ce qu’enjoint la loi juive, dans ces cas-là, et la pauvre femme se laissa porter par ce que son cœur lui dictait.  Elle se tourna vers son mari et lui dit : «Appelle-le Nachum, et dis-lui que j’ai sacrifié ma vie pour lui. Qu’il dise le Kaddish pour moi de tout son cœur ! ”

Le père tenait son fils sur ses genoux le jour de la Brit, et tout le monde pleura amèrement lorsque le bébé fut nommé. Chaque année, l’anniversaire de Nachum serait le jour du Yahrzeit de sa mère. Il disait Kaddish pour sa mère à la synagogue. Le jour de sa bar- mitsva, son père lui demanda de se rendre sur la tombe de sa mère et de dire le Kaddish avec une ferveur particulière pour cette femme, qui avait renoncé à sa vie pour lui. A la grande consternation du père, le jeune homme récita le Kaddish nonchalamment, sans verser une seule larme. Le père était atterré. “Nachum”, lui dit-il : « N’éprouves-tu aucun sentiment pour ta mère qui a sacrifié sa vie pour toi ? »

Nachum regardait le sol et tenta de s’expliquer : «Mais je ne l’ai jamais vue. Je n’ai aucune idée de qui elle est, comment pourrai-je pleurer pour elle ? ”

Dans un certain sens, nous sommes tous comme Nachum. Il est difficile pour nous de pleurer sur le deuil du Beit Hamikdash (Temple), alors que nous n’avons jamais eu le privilège de le voir. Mais arrêtons-nous et réfléchissons une minute. Le prophète Yirmiyahou  nous apprend que D.ieu déversa sa colère sur “des murs et des pierres” – le Saint Temple – au lieu de détruire le peuple juif pour les péchés qu’il avait commis (Eicha, Ch. 4.). Nous devons comprendre que nous avons survécu uniquement parce que le Temple a été détruit. Pour bien réaliser ce que nous avons perdu, nous devons étudier davantage les différences entre l’époque du Temple et notre présent. Le Temple était bien plus qu’un simple édifice en pierres. C’était l’endroit de connexion de tous les cœurs juifs. Et c’était le seul endroit de l’univers tout entier dans lequel la gloire de la présence de D.ieu pouvait se manifester. C’est seulement en détruisant cet endroit merveilleux que D.ieu pouvait nous réveiller de notre léthargie spirituelle et nous faire prendre conscience de nos péchés.

Deuil de notre ancienne grandeur

Le Talmud nous enseigne que les descendants de Jacob et Esaü ont une relation singulière : lorsqu’un des deux peuples est en haut, l’autre est en bas. Ils ne peuvent pas prospérer simultanément. Lorsque la Jérusalem antique était à son apogée, notre nation était la première puissance mondiale, que ce soit sur le plan économique, intellectuel ou physique. L’éthique et la morale de notre nation étaient d’un tel niveau qu’elles suscitaient l’admiration des nations. Pour nous faire une idée de ce que nous avons perdu au moment où notre Temple a été détruit et notre nation exilée, il  nous suffit de constater la dégradation de notre société occidentale moderne, au cours des deux dernières générations. À l’époque où le Temple rayonnait dans toute sa gloire, nous, les juifs étions une nation de grands chefs spirituels qui ont travaillé sur l’affinement du caractère et la sensibilité à l’autre. Pendant ces trois semaines, nous sommes censés prendre le temps de méditer sur le niveau qui était le nôtre, et ce que nous avons perdu.

Deuil et dépression

J’ai récemment été invité à parler de la différence entre le deuil et la dépression. En bref, la dépression est un état de tristesse caractérisé par des sentiments de découragement et de désespoir. Le deuil, en revanche, se manifeste par un sentiment de tristesse profonde, suite au décès d’un être cher ou à un autre malheur. La période de deuil est le moment propice pour l’individu d’approfondir sa compréhension de ce qu’il a perdu, et de se sensibiliser réellement à ce qu’il possédait autrefois. Le deuil est l’inverse de la dépression, car il permet à la personne de mieux comprendre l’importance de la vie, et d’utiliser son temps de la façon la plus judicieuse possible. Il ouvre de nouveaux horizons et redonne un élan de motivation, afin d’optimiser le temps qui nous est imparti.  Essayons de donner à ces trois prochaines semaines une telle dimension.

 

About the author, Yosef

Leave a Comment